La revanche

 
Un autre Pierre, et un autre récit oublié.
 
Cent fois sur le métier, l'ouvrage tu remettra
Pierre GUILLEE

Phase 1 Nice LD Juin 2000 : abandon T2 / brûlures (néoprène+soleil)

Phase 2 Nice LD Sept 2001 : abandon vélo/ hypothermie  (500 abandons/2000 participants)

2002 A 2006 :  4 ans sans compétition.

JUIN 2005 devant Sport+ pour le premier Ironman France de Nice.

AOUT 2005 : 86 KG / 1M80 


2005 (interview) inscription à  Fresnes, premiers entraînements, Sorties vélo progressivement plus longues : il faudra tenir la distance, travail plus régulier en endurance, Nice 2006 occupe mes pensées, inscription en décembre, Cela paraît démesuré. 

6 mois plus tard… Phase 3  Nice Ironman  Vendredi 23 juin 2006

(73kg/toujours1m80)

07h54 départ du Tgv en gare de Lyon direction le sud de la France ! Avec le vélo dans la housse. Descente en gare de Cannes, on me récupère pour loger à Grasse dans l’arrière pays niçois. 15h00 préparation du vélo, des sacs swim,bike et run et vérif du vélo avec un tour de 25 km dans les environs : everything is ok ! ça monte everytime ici ! 

Samedi 24 juin

11h00 arrivée sur la promenade des Anglais, récup des cadeaux (sac à dos design, casquette et tee shirt  : nickel !), de la puce des dossards et prépa des sacs à l’écart dans un jardin public. Temps estival, chaleur niçoise, méditerranée limpide, les drapeaux flottent au vent annonçant la bataille internationale du lendemain. Dépose des sacs et de la monture dans le parc à vélo noyé de soleil, spaghettis au pistou dans une ruelle provençale environnante, les triathlètes fraternisent et communient en conseils pour le lendemain.
Dernier repli stratégique sur Grasse. Dîner anxieux et coucher semi tardif. 

Dimanche 25 juin GO !

01h30 réveil lecture du Triathlète américain 02h30 je me rendort 
04h10 réveil général– C’est le beau-frère qui est content !
04h45 ptit dej’, hop dans la voiture, on va être à la bourre !
05h45 arrivée sur Nice centre, le parc à vélo est So long à remonter, je cours déjà !...
A la bourre of Love ! ..

06h20 : Les spectateurs sont massés dans les tribunes et sur la promenade des Anglais ; On est dans les viseurs des télés et des appareils photos ; un hélicoptère survole la plage. Des canoës, des bateaux sillonnent la mer.  Entend les applaudissements et les cris d’encouragement, la voix des speakers annoncer les palmarès, la musique se mêler aux pulsations, des mots d’encouragements des tiens, des potes ou d’inconnus qui un instant partagent notre exploit ! 

06h30 : 1200 concurrents se jettent à l’eau de la plage du Centenaire, une clameur monte vers le ciel au spectacle de ces hommes et femmes de fer fendant les vagues de leur bonnet orange. L’enthousiasme d’un public venu en masse submerge la plage dans les cris et les déhanchements des pom-pom girls. 

Natation sans encombre, le soleil se lève, je suis toujours accompagné donc pas largué et pas dans le rouge. 1er tour 33’ et 2è en 37’. Sortie de l’eau sur la plage, on retrouve l’équilibre, douche, tente blindée de triathlètes. Une chaise est libre, changement intégral sans précipitation : it’s so long. Récup du vélo et départ. 

180km en vélo, un parcours pour grimpeurs dans un paysage grandiose. Une longue ascension sous le soleil. Quelques gouttes de pluie sur le Plateau de Coursegoules, Des encouragements américains : «  Go, Go ! » moi : « oh oh oh,  va, je gère que j’vous dit ! it’s my first Ironman and i only want to finish, Thanks a lot »
Eux, à nouveau : « GO, GO GOOOOOOOO !!!!!!!!!!!!!! » 

Je connais des soucis gastriques vers le 100ème km et ne parviens plus à m’alimenter : dégoûté du sucré. La fin du parcours est très pénible nez au vent de face. Je pers énormément de temps à la transition à récupérer et ne dois mon salut qu’au chef de tente qui propose providentiellement un sandwich au saucisson qui me permet enfin de repartir au bout de 60 longues minutes… 

La cerise sur l’Mac Do, le marathon en 4h48’ avec les encouragements d’inconnus, de tous les bénévoles, et de la famille qui vient me soutenir au 20ème km. Le public, sensible à tant de dépassement de la part des triathlètes, se joint cœur battant à l’épreuve.Trompettes, crécelles, tout ce qui permet de montrer son soutien est réquisitionné. Comme des taxis de la Marne, dans une bataille contre soi-même.    

Puis vient la dernière ligne droite, NOTRE moment, celui pour lequel on s’est tant préparé, celui où nous allons franchir la ligne et devenir un FINISHER. A ce moment, je remercie Dieu de m’avoir porté sur ses épaules…, Une pensée émue pour mon père. 

Il n’y eut que des vainqueurs, Haut les cœurs !