Coupe marathon des moins de 3h












8 novembre 2009, Hervé Perrin passe sous les 3 heures


Les dessous de la coupe

Le Saint Graal : La coupe marathon des moins de trois heures

Pour inscrire son nom sur cette coupe, c'est tout simple, il "suffit" de courir les 42,195 km du marathon en moins de trois heures. Cette coupe fera alors votre fierté en trônant dans votre salon jusqu'à ce qu'un nouveau « moins de trois heures » vous la ravisse.
Voici la liste des triathlètes qui ont inscrits leurs noms sur la coupe depuis la naissance du club.

Palmarès de moins de 3 heures
20/03/1988 Gilles Gaubert - Marathon de l'Essonne 2h59'47"
29/03/1992 Eric Delage "Paqman" - Marathon de Paris 2h41'52
xx/11/2000 Thierry Warin "Iron" - Marathon d'Orléans 2h57'xx"
20/10/2002 Gilles Icard "Saïmon" - Marathon de Reims 2h59'03"
16/11/2003 Laurent Gillard "Lolo" - Marathon d'Orléans 2h59'33"
28/11/2004 Jean-Philippe Rivenez - Marathon de La Rochelle 2h56'29"
11/10/2009 Pierre Cornet - Marathon de Chicago 2h59'09"
08/11/2009 Hervé Perrin - Marathon des Alpes-Maritimes 2h54’38’’
30/11/2014 Laurent Tranchant - Marathon de La Rochelle 2h55’51’’

Marathon des Alpes-Maritimes - 8 novembre 2009 Nice-Cannes
Hervé Perrin

V
endredi début d’après midi. Je chope mes deux ados à la sortie du collège et nous filons gare de Lyon. Nous profitons du déplacement pour aller chez les grands parents Niçois. Sur le quai avant le départ du TGV qui va nous emmener vers la côte d’azur, nous rencontrons le team athlé de Fresnes qui fait le voyage en nombre.

Samedi. La matinée est consacré à la récup’ du dossard en compagnie des Fresnois. Le soir, la Pasta party est familiale. On me propose une appétissante bolognaise maison pour accompagner mes pâtes. La présence de viande rouge et d’oignons m’oblige à refuser. Je me reçois alors quelques insultes qui me laissent entendre que je n’ai rien compris à la diététique. Tant pis pour ma tronche, je me contenterai d’un filet d’huile d’olive sur mes Fettucine.

Dimanche, 6h du mat’. Je me réveille après une bonne nuit de sommeil. Je reçois un texto de mon pote David qui m’encourage et m’annonce que les Verts ont gagné 1 à 0 la veille sur le terrain des Nancéiens. C’est un très bon signe ! Dans le quartier où je loge, y a pas de Vélo Bleu l’équivalent niçois du Vélib’. Pour une fois mon échauffement ne se fera pas en pédalant. Dans la nuit, je rejoins la station de Tramway où je retrouve tout un tas de futurs marathoniens qui a choisi ce mode de transport pour atteindre l’air de départ.

A 7h, en ce mois de novembre, face à la grande bleue, je retrouve le spectacle du lever de soleil qui me rappelle le moment précédant le départ de notre ironman 2007. Je descends sur la plage avec une envie de me baigner. Ce sera pour une autre fois.

Sur la promenade des Anglais, je retrouve le couple de Pascal‑e‑s. Une légère tension flotte. Les salutations sont amicales, normal à l’AASF. Je trottine jusqu’au sas des 3h pour m’y glisser une vingtaine de minutes avant le départ. Pour la première fois du week end, je retrouve Laurent compagnon des quelques-unes des séances de préparation sur le stade de la paix. Avec son dossard préférentiel il partira un peu devant moi. Comme nous avons des objectifs proches, il me propose de faire la course ensemble. Je vais essayer et le préviens qu’il ne doit pas m’attendre.

8h coup de feu, j’ai bien Laurent en point de mire. Je le vois partir beaucoup plus vite que moi. Au km1, je passe en 3’55’’ (base de 2h45’) et j’ai déjà perdu de vue l’athlète Fresnois au milieu d’un peloton relativement dense. C’est clair, je ne ferai pas la course avec lui et je vais même ralentir.

Pour avoir fait, le marathon de l’IM Nice, je connais les 5 premiers km par cœur. C’est vrai qu’à l’époque, mon allure avait varié entre 6 et 11 km/h. Je connais donc chaque recoin du bitume. Mes pieds ne se feront pas surprendre par les rares trous de la voie.

Km 3 : Je me retrouve derrière un couple formé d’un petit bout de femme et de son copain de lièvre, un large gaillard de presque 2m de haut qui pourrait être un excellent rempart au vent que l’on annonce de face sur ce parcours en ligne. Mais leur rythme ne me convient pas. Je double. Les coureurs sont déjà plus éparpillés et forment de petits groupes.

Pendant les premiers kilos, je règle mon allure à 14,5 km/h qui me va bien. J’espère que ça tiendra jusqu’au bout. En attendant, je profite du paysage de la baie des Anges (nom donné par les pêcheurs qui ramenaient dans leurs filets à cet endroit une sorte de requin inoffensif appelé l'ange de mer ocellé).

Km 13 : Nous passons l’hippodrome de Cagne / Mer et quittons un instant la côte pour faire une boucle dans une zone pavillonnaire. Les habitants du quartier ont écourté leur grasse mat’ pour se mettre à leur balcon et nous applaudir. Sympa !

Km 15 : À Villeneuve-Loubet, un immense immeuble que je trouve moche nous sépare de la plage. A cet endroit, les organisateurs ont tracé un aller retour qui me permet d’apercevoir Laurent. J’estime son avance sur moi à 2’.

Voici, le semi. Un bon repère. Le chrono affiche 1h26’30’’. Rapide calcul. Fois deux égale 2h53’. C’est bon, je suis sur de bonnes bases et les sensations sont bonnes. Mais pour l’instant nous avons entièrement couru sur du plat. Il faut maintenant s’attendre à du dénivelé. C’est là que j’aperçois des supporters Fresnois. Je me décale sur le côté pour bien saluer Michel, Anne et son mari.

Km 22 : À Antibes, un coup de cul sur 30m nous oblige à mettre tout à gauche. Une fois en haut, une chouette vue sur la mer nous fait digérer l’effort et je peux dérouler dans la descente qui suit.

Km27 : Nous voici en face d’une nouvelle montée tout en ligne droite. Ca paraît long. Je monte en réduisant sensiblement l’allure pour ne pas faire monter le cardio. En haut de cette longue côte est placé un ravito où les jeunes tendeurs de gobelets nous crient tout leur soutien. A vitesse réduite, je profite de leurs encouragements et de les remercie. Nous sommes maintenant parmi les villas huppées du Cap d’Antibes. L’endroit est désert de spectateurs. Le parcours est sinueux et avec des belles variations de dénivelé. Dans les descentes, j’allonge la foulée et me surprend à doubler un nombre important de coureurs. C’est bizarre, je suis le seul à courir de cette façon à 15,5 km/h. Fais-je une erreur ou suis-je en train de ramasser ceux qui commencent à craquer ?

Km 30 : Nous revoici sur une partie plane. Mon allure est de nouveau à 14,5 et je me re‑synchronise avec des compagnons de course.

Km 32 : Je commence à sentir la charge dans les quadriceps. Là, je me dis que j’ai peut être un peu trop jouer avec les descentes. Je fais le point. Il me reste un 10 bornes à faire en un peu plus de 40’. Ma balade est terminée. Il faut maintenant que je concentre pour encaisser la charge et tenter de maintenir l’allure.

Km 35 : Je prends mon 3ème gel énergétique. Je sens un léger vent de face et profite de la protection d’un gars qui a l’air bien. Un peu plus loin je le laisse partir car je ne peux suivre sa vitesse. Je me retrouve seul sur cette partie vallonnée où mon temps au kilo augmente de 5’’. Mais je me sens plus frais que la majorité du peloton en accumulant des gains de places. Ca fait du bien de s’apercevoir que sa course est bien gérée.

Km 40 : D’un seul coup, je sens une baisse de mon énergie. Je sors mon dernier gel, un red tonic qui a un goût de chiotte mais aussi l’avantage de me redonner quasi instantanément du peps. Je vais bien finir.

Sur le dernier km, les spectateurs ont envahi la chaussée pour nous acclamer. Ca fait plaisir et ça me permet d’oublier la fatigue de mes quadri. A 200m de l’arrivée, je jette un coup d’œil à mon chrono qui m’indique 2h53’. Je me dis que j’ai accompli mon travail et je veux apprécier le résultat. Je réduit l’allure, soigne la foulée devant les marches du grand palais à Cannes. C’est le pied J

Derrière la ligne, j’arrête le chrono et lis 2h54’40’’. Je suis super content de ma perf’ et de ma relative fraîcheur. Mes mollets ne souffrent pas et je n’ai pas mis les fameuses chaussettes. Paqman appréciera. Le speaker annonce l’arrivée de Stéphane Diagana. Il est à peine arrivé et il est déjà interviewé ! Le marathon n’est pas sa spécialité mais j’éprouve quand même un peu de fierté d’être arrivé devant un ancien champion du monde d’athlé. Un peu plus loin, je retrouve Michel qui me félicite, merci, et m’annonce que Laurent est arrivé 1’ devant moi.

Je récupère rapidement mes affaires qui ont fait le voyage jusqu’à Cannes grâce à l’organisation. Je me couvre car la température était idéale pour courir mais ne l’est plus pour un finisher. Je n’ai malheureusement pas le temps d’attendre les athlètes de Fresnes car je reprends un TGV pour Paris dans l’après midi. En collaboration avec la SeNeCeFe, les ter sont ouverts aux marathoniens pour retourner à leur habitat. Je fais le bout de chemin qui nous sépare de la gare de Cannes avec Fabrice. C’est un triathlète du même club Yerrois que Nicolas qui nous avait accompagné ce printemps au triathlon de Lisbonne. Nos démarches laissent apercevoir l’effet de nos efforts. A l’entrée de la gare, deux solides vigiles surveillent l’accès au souterrain réservé aux marathoniens. Ils n’auront pas de mal à rattraper le premier qui bronche car nous devons nous accrocher à la rampe et descendre lentement les marches. Nos jambes sont en carton. Une fois dans l’omnibus bien chauffé, nous retournons vers le départ. En regardant côté méditerranée, nous croisons les foulées et marches des derniers marathoniens à qui il reste plusieurs kilomètres. Je pense à leur galère … et au reste de bolognaise que je vais oser réclamer au risque de me faire de nouveau insulter.

Prochain objectif : Copenhague les 11, 12 et 13 décembre prochains.

Lien site officiel du Marathon des Alpes -Maritimes


Le Saint Graal : La coupe marathon des moins de trois heures - Photo GG

Cette coupe embellira votre intérieur - Photo Hervé Perrin

Hervé Perrin - Marathon des Alpes-Maritimes - 8 novembre 2009 Nice-Cannes

Hervé Perrin - Marathon des Alpes-Maritimes - 8 novembre 2009 Nice-Cannes

Hervé Perrin - Marathon des Alpes-Maritimes - 8 novembre 2009 Nice-Cannes

Hervé Perrin - Marathon des Alpes-Maritimes - 8 novembre 2009 Nice-Cannes