Les triathlètes Fresnois à Embrun

18 oct 2011 : Mise à jour du tableau résultats.

Salut à tous,
Toutes mes courbettes "présidentielles" à nos 3 valeureux guerriers de l'impossible, j'ai nommé: Pacman, Gallus et Le Doc.
L'aventure n'a pas du être facile étant donné le temps... Par contre, nous restons impressionnés par vos chronos et attendons avec envie vos résumés de courses ; si d'aventure, il vous reste un peu de jus "intellectuel" !
Encore bravo et respect à vous les "champions".
@+TOF Christophe Rouvière

Hi finishers,
Congratulations !
Bravo Stéphane. En 2 éditions tu as pu connaître la grêle et le cagnard ... et aller au bout à chaque fois.
Bravo Philippe. L'objectif de la saison est atteint grâce à une bonne préparation et aussi un sacré mental le jour J.
Bravo Eric. J'ai lu ton compte rendu. Pour une fois je t'ai trouvé raisonnable. Ça ne t'a pas empêché de faire une superbe perf' mon vieux. J'ai relu le mien. Hum. Je crois qui j'y retournerai un de ces jours.
Hervé Perrin (ancien et... futur Embrunman)

EMBRUN quand tu nous tiens par Eric Delage - récit de 2009
EMBRUN Le Mythe par Eric Delage - récit de 2003
EMBRUN dans le livre d'histoire (rubrique à compléter)


EMBRUN quand tu nous tiens

Tout d’abord quand s’est introduite dans ma tête l’idée de refaire Embrun ?

Souvenez-vous, c’était le 31 Mai 2009, retour à la compétition à Vendôme et « petit » compte rendu de l’époque terminé par cette phrase
Enfin Maintenant Briguer, Risquer Une Nouveauté ?
Ne lire que la 1ere lettre de chaque mot … et vous verrez donc que c’était déjà dans ma tête cette d’histoire de refaire Embrun, 6 ans après…
Eh oui cette course est un mythe pour moi … elle remet les compteurs à zéro au départ … tu deviens très humble … tu as la trouille du débutant … et quel autre moyen de me prouver que je pouvais refaire un format ironman si ce n’est que par le plus dur (ou l’un des plus durs … d’ailleurs on m’a parlé de l’altriman …).

Et puis pourquoi donc écrire un compte rendu ?
Et bien … pour être lu. On a bon se raconter n’importe quoi c’est bien pour être lu qu’on écrit. Mais par qui ???
Par la famille (type 1), ça c’est certain, la maman ne me parle que de ce compte rendu, depuis qu’elle sait que je vais refaire Embrun (le reste de la famille suit bien sûr cela de près).
Par moi … eh oui, j’ai relu celui d’Embrun 2003 et bien cela m’a bien servi dans ma préparation (surtout mentale). De plus comme j’ai une mémoire assez volatile !!!!
Par mes copains du club (type 2) (enfin des clubs Tri et Athlé), sûrement pour me la jouer un peu.
Par mes collègues de bureau (type 3), enfin les gamins qui me servent de collègues (âge compris entre 23 et 33 ans) ? Là j’ai plus de doute quand à leur intérêt pour la chose.

La préparation s’est super bien déroulée, un grand plaisir dans les entraînements, pas tant de volume que cela, mais une montée en puissance des sensations. Elle a commencé le 27/06 pendant une semaine de vacances en Bourgogne, puis s’est poursuivie en région parisienne, avec notamment les allers retours en VTT pour rejoindre le travail. Peu de quantité (notamment en vélo) mais pas mal de qualité, une seule grosse sortie de 5h et tout cela dans la vallée de Chevreuse et du côté de St Chéron. Pour la course à pied, entretien + des piqures de rappel avec Mouss, et pour la natation JP coach a couvert l’entraînement jusqu’à 1 semaine de la course …Merci vraiment pour cela, car je n’ai pas eu à me poser de questions sur l’entraînement natation … et regarde moi ce résultat 59’18 (même si la distance n’est peut-être pas correcte … C’est vraiment super).

5h00 du matin, de nuit c’est vraiment particulier … Je suis Zen, moins de stress que d’habitude.
Un peu pressé avant le départ (une dernière commission à déposer)... pas le temps de s’échauffer en natation … tant pis, juste mettre la tête dans l’eau pour éviter cette sensation d’oppression … Ben pas de risque, elle est chaude.

6h00 : après les fameux applaudissements (en pleine nuit c’est toujours aussi impressionnant), c’est le top départ.
J’ai hésité, mais finalement me suis placé bien à droite. Je cours un petit peu, pas trop, trouve l’eau vraiment très bonne et de suite nage correctement. Arrivé à la digue, je me fais tasser un peu, puis après, la voie est libre, j’ai l’impression d’avoir le lac pour moi. Je dois sûrement être hors trajectoire car les autres sont en file indienne à 10 mètres à gauche, mais tant pis, je pointe régulièrement vers le gyrophare du camion de pompier à l’autre bout (et oui, il fait toujours nuit). Arrive la fin du 1er tour, je suis content de moi, tout va bien. Me concentrer sur la nage. « Bien attaquer avec le bras devant, le bras derrière va revenir tout seul » (la voix de JP résonne dans mes oreilles). Tiens je rattrape un groupe (vu les formes … c’est un groupe de féminines parti 10 minutes devant). Je profite d’un mec qui me double pour me mettre dans ses pieds, et il va m’emmener ainsi jusqu’à 200 mètres de l’arrivée. Je finis bien et je suis vraiment très agréablement surpris par ce chrono 59’ et des bananes, d’ailleurs je crois que je l’ai... la banane.

Transition posée … eh oui je vieillis... je vais même mettre des gants vélo, pour mon petit confort.
Ah oui je n’ai pas parlé d’objectif … Et bien le seul et unique FINIR... mais bon quand on a fait 11h32 …il y a 6 ans … on pense quand même... et si j’étais particulièrement bien … surtout avec un temps natation comme celui-ci…

Et c’est parti pour la 1ere grimpette de la journée. Je monte pas trop mal, mais beaucoup moins facile que dans mon souvenir. Je double un peu mais pas beaucoup. Allez c’est passé, on profite maintenant du paysage. La descente, attention tu avais noté (sur le fameux compte rendu de 2003 qui aura au moins servi à cela) un virage mal signalé vers le bas de la descente. Il est toujours aussi dangereux, et aussi mal signalé … un camion de pompier en train de soigner un coureur est la pour en témoigner, puis juste 100 mètres derrière moi, un crissement de frein , un pneu qui éclate , je regarde derrière moi et entrevois le monsieur debout et le vélo par terre.
La vallée avec le vent de face... bon ça commence. Et puis que ça me double … autant en montée je double un peu, autant là il n’y a que des avions qui me passent. Tant pis Eric (manque de foncier cet hiver … et pour cause début du vélo mi avril) l’important c’est pour après.
A droite Baratier, la montée (ah je redouble un peu), les montagnes russes … Ouh là ça me redouble pas mal (vent de face), des petits groupes (un peu trop près les uns des autres …non messieurs), puis la N94 et à droite direction Guillestre, là c’est un vrai groupe qui me double (drafter n’est pas éthique messieurs .. mais bon je m’en fous… moi je sais que si je le finis j’aurais respecté la règle du triathlon). Je remonte un peu dans les montées, puis nous voila le long de la rivière, ça monte un peu et face au vent … le groupe me double de nouveau et dès que cela monte un peu plus je repasse devant … je suis obligé de rouler carrément à gauche pour éviter d’être protégé … Heureusement, je ne suis pas le seul à faire au mieux pour respecter la règle. On parle du vent avec un mec d’Albertville « dis ce n’est pas possible que le vent change de direction » … et ben si, on l’aura forcément dans la tronche sur le retour… Aïe Aïe Aïe ça promet.
Bon faisons le point, bientôt le virage à gauche et la grosse ascension … tu as quand même mis souvent petit et tu as déjà utilisé le 39/27 (cad tout à gauche pour moi), mais les côtes étaient conciliantes (mais qu’est ce qu’il dit le Eric … une côte conciliante... c’est le manque d’oxygène à cette altitude ?)... cad que suite à une pente sévère (passée en danseuse... Ah oui là il faut que je dise un mot pour les lecteurs de type 3... sinon je vais me faire chambrer au boulot … donc, non je ne me suis pas déguisé, je me suis tout simplement mis debout sur les pédales) il y avait toujours un replat … mais je sais qu’après le virage … 14km … dur dur dur.
Tiens le chrono 3h et des bananes (ah là je l’ai plus la banane)
Donc je flippe « grave ». Arvieux, je n’ai plus de boisson et donc je passe au coca + eau (c’est peut être un peu tôt).
Et c’est parti pour la galère... Brunissard… J’alterne danseuse (mais vraiment cool) , assis, le 39/27 ne me quittera plus... dis donc, j’aurais peut être pu emmener plus petit... J’essaie de compter les virages, par contre je double du monde et me fait peu doubler. Le coca me fait vraiment du bien. Le puls pas trop haut, c’est juste dur, difficile, fatiguant … Embrun quoi. Un peu d’ombre, la Casse déserte... la petite descente qui suis … c’est pas mal, tu vas finir l’Izoard mon gars, fatigué mais plus clair que dans ton souvenir. Les derniers virages, ça y est tu es au sommet. Pied à terre, le ravitaillement arrive (ils sont vraiment sympas les bénévoles sur Embrun).
Et puis c’est reparti … un coup d’œil sur le chrono … 4h15... Tiens donc 15 minutes de plus (qu’il y a 6 ans...). A suivre…
La descente sur Briançon … je double des voitures, je fais un peu le « cacou » et pousse un grand cri de bonheur … car là je suis comme un gamin dans un manège.

Manger, et ben il n’y a plus grand-chose qui passe. Mes boissons personnelles se vident vite… Briançon, on commence à bien sentir la chaleur, et le vent !!! Ouh là là le vent, il ne fait pas semblant de souffler. Presles, la côte, et paradoxalement c’est dans les côtes que je me sens le mieux … enfin c’est ce que je me dis à ce moment. Bon maintenant aller chercher Pallon (un truc énorme, un raidard long de je ne sais pas combien …). Sur le plat, je me fais doubler encore et encore… Voila Pallon … Il y a 6 ans, je l’avais monté assis … mais comment j’avais fait ?... (même vélo, même développement … ah oui pas le même âge ). Là c’est vraiment dur, pas de répit, on alterne ce qu’on peut, et je vais vraiment chercher loin dans la tête pour ne pas mettre pied à terre… Ca y est le calvaire est fini … mais ça m’a complètement séché … en parlant de séchage... voici l’aérodrome et le VENT … par moment il me fait faire des embardées… Oh et puis une frayeur, une guêpe s’est trouvée coincée dans mon maillot et en a profité pour me piquer sauvagement … Ca fait mal … Heureusement que le maillot de vélo de Fresnes s’ouvre complètement. Après avoir mis le pied à terre, j’ai pu l’ouvrir et voir la guêpe (ou l’abeille, je n’y connais rien, s’envoler) … Suivent 5 minutes d’affolement … il est arrivé la même chose à un copain… il avait du abandonner … non pas de raison Eric, regarde la route, concentre toi … ça y est la douleur s’estompe… Non mais !!!

Bon il te reste au menu, une petite côte, les montagnes russe et... Chalvet.

Et bien je trouve le chemin bien long jusqu’à Embrun, et là que des gens qui me doublent.. Ah j’avais oublié la côte avant Embrun mais bon ça se monte… Puis Chalvet , un gentil monsieur nous dit « attention garder en sous le pied pour la haut »… Alors j’y vais doucement mais sûrement... c’est vrai que c’est long, ça y est je sens (plutôt que je ne le vois) le sommet … J’en termine enfin, il me reste la descente « traquenard » … je vais donc finir ce vélo et même si je suis cuit, carbonisé, jamais je n’ai eu la tentation d’abandonner (… et oui cela m’est arrivé … en 2004).
Dépose vélo : 7h30 de promenade à bicyclette … c’est pas mal

Je prends mon temps à la transition, chaussettes, chaussures d’entraînement (en lieu et place des traditionnelles chaussures de compétition, eh oui encore pour mon confort... quand je vous dis qu’il vieillit le Eric)… Avaler un peu de gel... pas évident… Allez Eric un seul et Unique objectif FINIR...
C’est reparti comme ça peut… Je vois Gilles au début, je lui glisse « je passe en mode survie »… il me rassure et me dit que j’ai l’air bien.
La digue, coca + eau, + bouteille d’eau avec moi. Vent dans le dos … il fait vraiment très chaud. Je regarde un peu le chrono (je calcule du 4’30 au km, puis du 4,45)… et puis non, je ne vais plus le regarder. Mentalement je me découpe le parcours du semi marathon en 2 (en fonction des difficultés) : la montée vers Embrun et la montée vers Baratier.
A chaque ravito je garde une bouteille d’eau avec moi, me forçant à boire un peu à chaque km passé. Après le haut d’Embrun (km6), la descente, je suis pas mal et assez aérien, virage à droite, sous le rocher, plein cagnard, point de contrôle... « Mais il est où le ravitaillement ?… pas loin … » qu’ils me disent … En fait il sera situé au Km 11, et j’ai vidé ma bouteille … C’est dur mais bon je ne me ferais pas avoir au 2eme tour. Montée vers Baratier, retour vers Embrun, puis la digue en aller/retour… Et là mentalement je m’accroche car je commence à être rincé de chez rincé … tenir jusqu’au semi (traduction type 3 semi-marathon), après, plus qu’un tour … Semi passé, le petit collier, et de nouveau la digue... vent dans le dos ma foulée va à peu près bien… le pied d’Embrun .. Le coca ne veut plus passer, les yeux me piquent (est ce la fatigue, le vent ?) ça y est je marche, je n’en peux plus, 100m, puis j’attaque la montée en toute toute petite foulée…Tenir jusqu’au ravito du 6eme km (enfin 27ème, vu que c’est mon 2eme tour … pour ceux qui ne suivent pas .. type 3). Le coca y est frais, cela passe mieux. On me verse 2 éponges mouillées bien froides sur la tête … de nouveau je marche … vidé que je vous dis … l’impression de n’avoir plus rien dans le moteur … puis la descente je recommence à courir... Ah j’ai moins fière allure ... le plat, j’avance doucement mais j’avance, les kilomètres passent très lentement … j’ai pris soin de conserver ma bouteille pleine, jusqu’au ravitaillement suivant (pareil je marche 100 mètres me dit qu’il reste 11 bornes … je vais quand même pas finir en marchant .. je suis un compétiteur ou pas ? … on se motive comme on peut..) ., montée vers Baratier …de nouveau petite petite foulée … les gens me doublent de plus en plus … d’habitude c’est moi qui double … c’est pas juste … je me sens dans la peau du chasseur chassé (comprenne qui pourra). Baratier le haut, coca nature (qui passe), tu es vivant tu n’avances pas vite, il reste 8km … Tiens un mec (avec un chapeau de paille) qui a fait la « Serre che » te double (Remarque : il est accompagné par un VTT et une demoiselle qui courre) … Fin de la descente…le plat arrive je le double, il craque aussi ou je vais mieux ?… Reste 5 km, il me redouble encouragé par ses supporters … il me met un wagon … Est-ce le coca de Baratier, les supporters, l’odeur de l’arrivée …je commence à retrouver une foulée normale (le compétiteur revient … c’est plus fort que toi ça !) , je descend du pont, coca nature, bouteille d’eau , allez il ne te reste plus que la digue …. Ca y est j’enquille (traduction type 3 : j’accélère) … Plus que 2km, le mec au chapeau de paille est avalé … Je sais que je vais finir, je croise une dernière fois Gilles, je crois que j’ai retrouvé la banane, une bonne tape dans les mains (merci encore pour ce soutien) … dernier km en accélérant, le tapis bleu (un regard vers ceux qui m’ont regardé d’en haut)…un grand sourire.
JE L’AI TERMINE :12h32’23 

La médaille, le tee-shirt , s’assoir un peu … se relever … pas très bien le Eric… aller manger … non finalement, s’assoir sur la route … oh et puis on est mieux allongé … Bonjour vous , Oh oui lever les jambes ça fait du bien … me porter … sur la civière … comme vous voulez …Docteur … tension basse … envie de vomir ? pas qu’un peu … crampes... perfusion... primpéran … dormir …..
Quinze minutes plus tard cela va beaucoup mieux ... et comme il y a beaucoup d’attente… je me propose pour laisser la place, … on arrête la perf … et retour au parc à vélo.
De suite appeler ma chère et tendre qui doit... non qui est inquiète.

Puis apprécier … Content, fier … Elles n’étaient pas facile les conditions non !! 34/36 degrés !! Vent conséquent.
Mais quelle fatigue quand même … même pas envie d’une bière …. Retour à l’hôtel, une banane, le sandwich super U (aïe ça fait mal quand j’avale … le palais a l’air en mauvais état), une douche (oh le bel ongle noir) et puis dodo.

Le lendemain, 93e que je suis … dans les 100 premiers … avec le plateau relevé qu’il y avait !!

Ah au fait pourquoi on écrit, c’est aussi pour se souvenir … de ce qu’on pensait à ce moment. Et bien c’est tout simplement une grande sérénité, j’avais le besoin je crois de me prouver que je pouvais encore le faire... Bien sûr, j’aurais espéré un peu plus la manière (20’ de moins sur le marathon était largement possible (encore faudrait-il comprendre cette défaillance …), pour le vélo impossible d’aller plus vite (enfin pas avec l’entraînement que j’avais)). Mais bon 93eme…

Pour finir mon No de dossard … 51 … les lecteurs de type 3 vont tout de suite traduire (en pastis 51 of course).
« Allez Pastis », « On a l’eau si tu veux » ont été les encouragements que j’ai le plus entendus des supporters …cela dit, que d’encouragements de la part des supporters et bénévoles.
De plus je crois que sur le papier distribué avec les no de dossards et les noms associés, il y avait une petite erreur….je me suis fait appeler Philippe pendant toute la course (Philippe, alias le doc, qui l’a fait pour ses 50 ans (bravo), a du entendre des « Allez Eric »...)

Allez une dernière info … 63Kg le 16/08 au soir !!!! Ça en fait 4 (voire plus) de perdu pendant la course … sacré régime non !!!

Fait à Cachan le 17 Août 2009 …. Pour être lu donc !!!


Eric Delage Embrun 2009

Eric Delage Embrun 2009

Eric Delage Embrun 2009

EMBRUN Le Mythe

J-15 

Tout baigne, je suis serein, l’entraînement a été correct, il me semble que je l’assimile bien, je me sens fort en course à pied.

Sortie vélo avec les copains… vin zou qu’est ce qu’ils montent fort dans les bosses … ils ont tous fait de la haute montagne et moi non … ai-je eu tort ? En tous les cas je me pose des questions, km 50 , une piqûre de guêpe sur la jambe .. ca fait mal , mais bon la sortie vélo se finira finalement bien.

Ce n’est que le lendemain matin, en découvrant une grosse tache rouge à l’endroit de la piqûre ainsi qu’une bosse comme une balle de tennis… que l’inquiétude grandit (en fait l’œdème mettra une semaine à se résorber). Heureusement, j’arrive quand même à faire l’entraînement cap.

J-8 : Tiens bizarre ces boutons .. et puis ces ganglions … un herpès  .. traitement de 5j… bon pas de raisons de s’affoler .. En fait je « balize » comme un fou (et si j’étais trop fatigué .. en sur-entraînement ? ? ? ?)

Je ne parle pas bien sur des nuits caniculaires où le sommeil met du temps à venir et où j’ai l’impression de ne jamais récupérer (mais ça je me dis que c’est le lot de tout le monde)

Mercredi :

Départ avec ma chère et tendre, étape à St Jean de Maurienne . Pourquoi là … et ben pourquoi pas ?

Hôtel sympa. Au moment de régler l’addition, j’explique à la dame pourquoi nous n’avions pris qu’un petit déjeuner au lieu de 2 … compétition dans 2j, nourriture spéciale …Et là elle me dit qu’elle comprend fort bien … car elle a hébergé l’équipe US POSTAL … avec Lance Armstrong …. mois de mai … préparation Tour de France …. Il fallait rester discret … appel à un traiteur pour préparer leur repas…

En tous les cas je me dis que c’est un assez bon présage.

Jeudi Midi :  

Arrivée à l’hôtel à Guillestre .. Comment ça une fête foraine, juste sous la fenêtre ! ! ! De toute façon pas le choix. Déballage des affaires, la propriétaire de l’hôtel, faisant du jardinage, me demande si je fais Embrun demain et me donne un trèfle à 4 feuilles qu’elle vient de cueillir ….Je ne sais comment la remercier .. et vous savez ou il va loger le trèfle … et bien dans le maillot vélo bien sur.

Coup de fil à Marco et Vero … Jean-Yves et Dom viennent d’arriver… je nous invite à manger avec eux le soir même … je promets d’amener le gâteau.

Jeudi après-midi : repérage de la fin du parcours … Pallon c’est bien un mur… Chalvet n’est pas une légende.. la descente a l’air coriace. Dépose vélo, bonjour à tout le monde… échange de craintes mutuelles, de derniers conseils (Whisky, verre de vin rouge pour bien dormir entre autres … n’est ce pas Doumé ?)

18h00 Allez Catherine encore un peu de voiture, je veux repérer les 30 1er km, surtout afin de visualiser la 1ere côte de la journée de demain. Fin du repérage, et la … EMBOUTEILLAGE …. Et OUI nous sommes le 14/08 au soir et bien c’est sacrement le bo…el. Montée de stress, il est 19h, il me reste plein de choses à préparer. Arrivée en fait à l’hôtel à 20h00 .. Trop tard pour la boulangerie … désolé je vous suis redevable d’un gâteau et même d ‘un super apéro…

Jeudi Soir :

Finalement on mange les pâtes savamment préparées par nos sponsors (Marco et Véro). Jean Yves a l’air serein . Un peu moins quand, ne me gênant plus du tout je demande s’ils n’ont pas un bout de jambon à me donner pour demain (je voulais en effet laisser un sandwich en haut de l’Izoard .. et vu les embouteillages , j’ai loupé l’heure). Merci encore Jean Yves, j’ai pensé à toi en l’avalant … j’espère vraiment que ça ne t’aura pas manqué.

La nuit : Et bien elle a marché la fête foraine jusqu’à 1h30 du matin … avec un lever à 3h50 ….

LA COURSE

Tout d’abord une grosse pensée, pour nos 2 accidentés (Pat le carbo, et L’ex), cela montre bien l’importance du facteur CHANCE dans une compétition.

Le stress comme d’hab … je suis dans les temps, ca y est la combi est mise et je suis prêt 10’ avant le départ. Je ne lâche pas Pat, pour savoir où me mettre afin d’éviter les coups (il me rassure … …la à gauche …surtout ne cours pas au départ ….)

Natation

PAN … et bien c’est vraiment surprenant, c’est vrai que les gens y vont en marchant … sereinement… les 1er mouvements sont cools … Mais par contre au bout de 5’ ça commence à coincer (la 1ère bouée arrive) et la distribution de claque commence…J’en prends même pas mal.. un petit coup de pied… plus de pince nez. Avec la nuit  c’est vrai que cela est un peu particulier. Ce n’est pas grave, 2eme bouée c’est plus cool, Attention à celui là avec ses lunettes spéciales c’est un distributeur agréé (de claques bien sur) et je m’en éloigne donc.

Je me sens fatigué… Pu..n de fête foraine , bon fin du 1er tour et bien c’est déjà la moitié, toujours cette sensation de fatigue, alors je tire sur les bras assez fort mais sans trop mettre de fréquence. Le jour se lève… et je finis ma baignade et la … 58’50 sur mon Chrono ….Je pense à Gilles .. Ca y est j’ai cassé la barre des 1h sur la nat (Y a-t-il la distance ? ? ?) …. En tous les cas ça fait du bien au moral … plus de sensation de fatigue du tout.

Transition calme et posée (bien essuyer les pieds) , la journée va être longue … et c’est parti .. je croise Gilles qui se bat pour enfiler son maillot… il a dû bien nager aussi… Je vois Catherine en passant au début du vélo et c’est parti pour l’apéritif du jour : 10km de montée.

Vélo :

Tout de suite, je suis rassuré sur l’état de mes jambes. Ca monte bien, je suis les conseils et je ne mets pas trop de braquet, je double et je double du monde… tiens le passage à 23% dont m’a parlé Pat, en fait il est très court et il passe facile en danseuse… dès que je peux, je remets une dent .. je me sens bien… Ca y est , on a passé le plus dur de la côte, je passe la plaque … Tiens Nico de Draveil avec son maillot Districycle (on s’était déjà pas mal vu à Cublize, je le double en montée, lui me double en descente).

Tiens, tiens … mal au dos … déjà … j’essaie quelques exercices … de toute façon faudra que ça tienne.

Eric Delage Embrun 2003

Allez , bientôt la descente, attention je me souviens d’un endroit piègeux … et bien ça ne manque pas, le mec devant moi arrive trop vite et tombe .. heureusement sans gravité. Par contre une grosse partie des gens que j’ai doublé en montée me doublent à leur tour durant la descente. Il faut absolument que j’améliore cette partie du vélo … mais arrête tes conn..s Eric, fini déjà cette course…

Fin de la descente , la nationale … seule satisfaction c’est que je vais plus vite qu’hier dans les embouteillages .. .sinon cette longue ligne droite ce n’est pas drôle … Par contre heureusement que j’ai le guidon de triathlète car il y a un peu de vent.

Allez virage à droite , direction Baratier et on va commencer la partie avant Guillestre, une autre petite côte (2 ou 3km) puis une petite route sympa en forme de petites montagnes russes… J’essaie de passer un maximum de coups de cul (pas + de 200m) en danseuse sur la plaque …. Ne force pas trop Eric, l’Izoard n’est pas encore là , il commence à Guillestre et n’oublie pas les 4km avant Guillestre … ils n’ont pas l’air comme ça, mais hier en voiture tu avais bien repéré que ça montait.

Descente vers la nationale, de nouveau le vent de face, puis à droite direction Guillestre …. Et bien ton impression était la bonne … ça grimpe bien avant Guillestre.

Ca y est on commence, je viens de laisser Guillestre et je regarde mon papier avec le dénivelé, je passe le 1er raidillon, recroise Nico , dès que ca s’aplanit, je remets la plaque, puis arrive le long de la Durance … ça devient dur, et je me souviens des conseils de Pat …. Fais gaffe, ça ne donne pas l’impression de monter mais ça grimpe quand même … au bout d’une borne, je remets la petite et je rejette un coup d’œil au dénivelé … Voilà le virage à Gauche … col de l’izoard 14km..Tiens le chrono, un peu plus de 3h de course …. Dans tes estimations tu t’étais dis 7h sur le vélo avec un passage idéalement en 4h en haut de l’Izoard … Dis donc tout cela a l’air bien possible mais il faut atteindre Brunissard et là ça va commencer avec les 10%… Jusque là tu n’as toujours pas mis le 39/24 (maxi 39/21) donc ça doit le faire.

Sauf que ça le fait de moins en moins. Voilà les gros % qui arrivent ou alors ce n’est pas encore le cas, de toute façon je ne sais plus où je suis… si si je crois bien avoir vu Brunissard, donc c’est le dur … et pour être dans le dur, je le suis, j’alterne le 39/24 et le 39/27, en danseuse ou assis … mais là je suis vraiment à la dérive.. Jerem m’avait dit : « ne regarde pas le compteur » … et bien je crois bien que je viens de voir par hasard 9km/h….je me dis que je vais crever… j’ai l’impression d’avoir la tête qui tourne …je regrette de n’avoir pas fait de haute montagne … je serre les dents … je suis mal … ça tourne (la route et dans ma tête)… je veux m’arrêter … atteindre la « Casse déserte » …. elle est loin ? ..je n’en peux vraiment plus … allez Eric tiens le coup… après ça va descendre …. Encore un virage STOP , je met un pied à terre… ma jambe tremble … je vide mon bidon (j’avais pris du glucose au ravitaillement d’avant …ou déjà je me sentais moins frais), j’avale un gel , je respire un grand coup et repars …. Ca ne va pas plus vite mais je me sens un peu plus en équilibre (sur le vélo et au niveau cardiaque) …. Un spectateur dit que ca redescend bientôt  … oui la haut ce doit être la  Casse déserte … 200m de descente et vision d’enfer, on voit très bien les 2 derniers km à finir …. Allez Eric après c’est 20km de descente .. en haut il y a ton ravito .. tu t’arrêteras … c’est toujours aussi dur mais bon je vais l’avaler , je suis trop près du sommet … voilà les Fresnois …. Je dois avoir une sale gueule (confirmation sur les photos) .. je glisse juste un « je suis cuit » à Marco et ça y est je suis au sommet. Les bénévoles sont vraiment super… mon sac m’arrive, on me met du papier journal sur le ventre, je bois, mange et ne m’arrête en fait pas plus de 2’ et puis repars.

Tiens le chrono 4h07 et bien pas si mal… pour un mec qui a failli finir en marchant … (je me demande encore quelle est l’origine de cette défaillance … pas d’entraînement en haute montagne … hypoglycémie ou mauvaise alimentation devant 30km de montée … épuisement passager.. ?).

Maintenant je profite de la descente.. le sourire aux lèvres …et quand même une angoisse liée à la fin du parcours … s’il m’arrive cela dans toutes les côtes à venir, je ne suis pas rentré ….

Je bouffe une moitié de sandwich au jambon .. encore merci Jean-Yves.. Une barre entière .. et je picole pas mal… la descente me plait bien … tiens nico me repasse … à plus tard…

Briançon déjà … pas beau … allez bilan : il te reste la côte après Presles, Pallon, la côte pour accéder aux montagnes russe… et bien sûr Chalvet…

Allez on va savoir où tu en es … première côte 3-4km , je pars prudent, 39/21 c’est bon ça tiens , les jambes sont là, je vois déjà le sommet (une croix) , je remets une dent … allez on va chercher Pallon(2km à 15%).. Aïe la flotte .. Attention dans la descente…Tiens je double Patou (la 1ere féminine) à ce moment… J’attends Pallon avec impatience… ça y est la voilà … Allez , montre leur à tous ces gens qui sont là …39/27 et puis assis … et tu ne bouges pas avant le virage … c’est bon tu le tiens 10,5km/h allez continue comme ça , tu vois le virage au bout c’est la fin, une dent de + en danseuse …. Super Eric, tu n’es pas mal…. Allez descente.

Le chrono … dis donc les – de 7h sont peut-être possibles … bizarre ça remonte déjà .. Aie j’avais oublié la côte de Reotier … bon fait pas le cacou Eric, emmène un peu moins gros … c’est bon elle est passée … Plus que 2 côtes : avant les montagnes russe,  puis … Chalvet .

Pouf les montagnes russes … un régal.. je prends un vrai plaisir à relancer et à avaler les coups de cul en danseuse sur la plaque (ça me rappelle un peu Zurich).

Ca y est je vois Embrun, ne pas oublier les 2 bornes en lacet après la Durance … c’est bon … Y a plus que Chalvet… Catherine est là , je suis bien et je lui envoie un bisou en passant, et puis voilà la dernière .. 1er km OK , 2eme km je gère et puis ca devient dur (dans mes souvenirs la fin de la côte me semblait + facile). J’ai soif, plus grand chose à boire, j’alterne de nouveau 39/24 39/27. Fabrice est là avec sa copine , devant je revois Nico qui est encore plus à la ramasse que moi … ça me redonne du courage … dernier km .. un ravito en haut …. Allez Eric c’est la fin du vélo .. attention cette descente est piégeuse … dis donc tu vas faire 7h05’ .. mais c’est super bien ...Nico me rattrape comme d’hab en descente , on se félicite mutuellement de notre vélo.

Course à pied :

La ligne arrêter le vélo, en descendre …. Et se redresser …. Et bien là c’est autre chose (car le mal de dos n’a jamais cessé , malgré des exercices dès que je le pouvais dans chaque descente) … Transition.. je conserve le maillot cycliste , pause pipi .. et puis footing … enfin quelque chose qui y ressemble, puis le miracle de la transition s’opère, la foulée se met en place au bout d’1 km et me voilà qui commence à avionner … d’après mes calculs un peu plus de 4’30 au km… pas mal. La côte pour aller en ville … bon sang elle est longue et fait mal … même pas marché … je redouble Nico… Woaouhh , la haie de spectateurs dans le centre ville… ils font la Ollah en scandant ton prénom … je trouve la force de faire de petits signes … Allez la descente , coucou à Marc qui arrive en vélo .. il m’encourage, il a l’air bien… le début de la digue … Catherine ….le ravito … je garde la bouteille d’eau jusqu’au demi-tour en suivant le conseil des anciens… qu’elle est dure psychologiquement cette pu..n de digue. Je croise Nico, on se tape dans la main. Fin de la digue… je commence à en avoir marre … seulement 10km de passé … mais là aussi ça monte et c’est que ça monte longtemps ….je sens mon rythme qui baisse … je prends 2 coca au lieu d’un à chaque ravito et marche quelques mètres … Oh la ! ! c’est un peu tôt pour morfler … On n’a pas atteint le semi. Prochain ravito en haut de la côte (Baratier), je fais une pause, abricot sec, pain d’épices, coca eau, je marche 100m et je repars … Nico me double et m‘encourage… ça descend jusqu’à Embrun me dit-il….Je laisse ma foulée avancer en descente, je subis, mais j’avance .. Nico a l’air vraiment bien , il me met une valise… Les filles de Fresnes sont là ça fait du bien (désolé je n’ai pas été très souriant). Bon atteindre le semi , prendre ton ravito perso et puis après c’est la dernière boucle ….

C’est reparti pour le dernier tour 1h38’ au semi … c’est pas mal … je pourrais être + rapide qu’à Zurich ….Attention c’est long, allez je sens que ça revient (je regarde les coureurs avec un bracelet … qui sont donc dans le même tour que moi)… la foulée est là… devant c’est Nico .. c’est à lui de marcher … je lui dis que si c’est revenu pour moi ca va revenir pour lui .. La montée sur Baratier … petite , voire très petite foulée, la descente, la digue … Catherine n’est pas là , elle a dû partir vers l’arrivée.. le ravito, je garde la bouteille , tape dans la main de Nico sur le retour, montée vers Baratier , j’adapte ma foulée, je sais qu’après le sommet ce sera + facile …. Un mec me double il est accompagné par un VTT … il a l’air bien … je me relance un peu … La descente , allez relache .. le mec ne me prend plus de terrain, allez tour du lac dans l’autre sens, le mec devant fléchit … ah tu n’as plus de VTT pour te soutenir (désolé c’est vraiment ce que je pense à ce moment de la course) …. Et je le remonte… Bon il reste combien 1-2 ou 3km … fais attention ne t’emballe pas … ravito arrête toi et continue à prendre ton coca .. pas de risque … un autre bracelet devant … c’est bon .. la descente casse patte … km 41 … ça y est Eric tu vas voir la fin … de nouveau les Fresnois ….j’ai l’impression de voler .. encore 500M encore un bracelet … la ligne droite … je fais l’avion je GUEULE comme un fou .. je passe la ligne et … embrasse le sol (allez savoir pourquoi) ….

Je viens de terminer le mythe…. Je suis devenu un EMBRUN-MAN

Je vois Gilles, Natacha et Marco … vous avez pas vu ma femme ? … oh j’ai un petit coup de moins bien … bonjour la Croix Rouge… juste m’allonger un peu … du coca frais… massage…. Puis je retrouve ma douce et tendre qui a failli tordre le cou aux cerbères de service qui lui ont interdit l’entrée dans la zone des coureurs.

Bilan :

. 50e  sur 830 classés, Temps 11h31’55 (58’26/7h05’19/3h21’41)

. Un immense bonheur d’avoir pu réaliser cela … et quelque part une grosse fierté

. Un grand merci aux supporters Fresnois présents physiquement ou par leur coup de fil

. Jerem .. je t’ai déjà tout écrit et dit.

. Une grande tristesse pour Gilles et Pat

. Un grand bonheur de voir les copains arriver

. Beaucoup de spectateurs et d’encouragements tout le long de la course

. Un sacré bout de chemin avec Nico qui finit quelques places derrière moi

. Iron , désolé d’avoir repoussé le record si loin

. 3kg de moins …et cela 2j après la course …. DONC CA ME LAISSE DE LA PLACE POUR QUELQUES BIERES ET AUTRES LIQUIDES ALCOOLISES.

Haqman

Reportage dédié à Antonin : C’est en fait fils de mon frère : il vient de commencer à marcher et est déjà surnommé le marathonien à la crèche … la relève est assurée.

 


Eric Delage Embrun 2003

Eric Delage Embrun 2003
 

 
Embrun dans les livres d'histoires

J'ai aussi fait un petit tour dans les archives pour essayer de retrouver les Fresnois finishers des différentes éditions de l'embrunman. Il m'a fallu déterrer quelques vieux listings et gratter la poussière. J'ai peut être fait des erreurs et des oublis. Les anciens m'apporteront leur correction. Voici ce que j'ai déniché. Hervé Perrin.    

2014 (964 finishers)
1er ZAMORA Marcel 10h02'32"
618 BALSAMO Fabrice 14h42'49"
716 VALLEE Frédéric 15h02'52"
961 TRISTAN Gwenael 16h28'39"



2013 (1179 finishers)
1er ZAMORA Marcel 9h42'19"



2012 (685 finishers)
1er ZAMORA Marcel 9h39'21"



2011 (801 finishers)
1er FAURE Hervé 9h34'08"
218 MAHE Bruno 13h19'27"
325 CORNET Pierre 13h48'56"
733 ORMIERE Thierry 16h12'17"
798 THERY Stéphane 17h08'21"



2010 (755 finishers)
1er ZAMORA Marcel 9h38'49"



2009 (681 finishers)
1er ZAMORA Marcel 9h39'45"
93 DELAGE Eric  12h32'23"
591 AMBLARD Philippe 15h52'15"
596 THERY Stephane  15h53'56"



2008 (855 finishers)
1er LE FLOCH Xavier 10h06'35"
571   ICARD Gilles  14h30'14"
768 THERY Stéphane 15h47'59"



2007 (543 finishers)
1er FAURE Hervé 9h48'58"
218 PERRIN Hervé  14h15'30"
321   KLOSE Olivier  15h09'51"

    
2006 (777 finishers)
1er FAURE Hervé 9h54'30"
478 CARBONEL Patrick  14h40'03"



2005 (703 finishers)
1er MARTINEZ-RUBIO Felix
313 GILLARD LAURENT     13h46'08"
317 GAUTIER JEAN YVES   13h46'32"
448 ICARD GILLES        14h33'26"
539 BARRAUD PHILIPPE    15h02'04"
693 ALIBERT SERGE       16h59'12"
703 MONTIE DOMINIQUE    17h57'25"



2004 (442 finishers)
1er MARTINEZ-RUBIO Felix
213 GILLARD LAURENT     14h08'01"
306 NORMAND RENE 15h16'42"
313 BARRAUD PHILIPPE 15h22'58"
321 REY GILLES  15h27'28"
343 MONTIE DOMINIQUE 15h37'00"
397 SOULAT BRUNO       16h12'58"



2003 (831 finishers)
1er NEVEU Cyrille
50 DELAGE ERIC 11h31'55"
374 ICARD GILLES   13h21'54"
418 RODRIGUEZ EMMANUEL 13h30'29"
453 BOSSUS MARC 13h39'47"
479 GILLARD LAURENT 13h48'44"
651 MONTIE DOMINIQUE 14h52'57"
664 SOULAT BRUNO  14h58'10"
690 PIARD JEAN-YVES     15h09'39"
772 COUVERCHEL BRUNO    15h57'55"



2002 (485 finishers)
1er MARTINEZ-RUBIO Felix
64 WARIN THIERRY  12h19'52"
216 ICARD GILLES 14h04'01"
315 MOELLO JEAN-JACQUES 14h55'26"
379 NORMAND RENE   15h27'26"

      
2001 (313 finishers)
1er MARTINEZ-RUBIO Felix
145 WARIN THIERRY   14h02'05"

    
2000 (600 finishers)
1er CHABAUD François
148 WARIN THIERRY  13h19'43"
458 MONTIE DOMINIQUE 15h34'05"
530 CARBONEL Patrick 16h09'20"
592 LAUBE ERIC  17h27'27"
1999 (362 finishers)
1er CORDIER Yves
308 MOELLO JEAN-JACQUES 15h49'26"
358 ABEILLE BERTRAND   17h45'39"



1998 (298 finishers)
1er CORDIER Yves
179 ABEILLE BERTRAND    14h21'23"



1997 (311 finishers)
1er LIE Philippe



1996 (385 finishers)
1er KOOLE Floris Jan
315 ABEILLE BERTRAND    15h35'11"



1995 (315 finishers)
1er LIE Philippe
256 ABEILLE BERTRAND       15h25'17"
261 NORMAND RENE  15h27'00"
296 SERRANO JEAN-MICHEL 16h12'06"



1994 (251 finishers)
1er CORDIER Yves
167 GAUBERT Gilles  14h35'36"
247 NORMAND René 16h59'30"
250 QUISEFIT Michel 17h14'30



1993 (485 finishers)
1er LIE Philippe
260 GAUBERT Gilles 13h38'27"
483 MILLOT Pierre  16h18'33"



1992 (411 finishers)
1er VAN DEN BOS Pim
404 CARBONI BERNARD     16h10'58"



1991 (222 finishers)
1er MOLINA Scott 10h20'37"
127 GAUBERT Gilles 13h58'22"



1990
1er GABOR Klockl 10h31'09"

GAUBERT Gilles



1989
1er GABOR Klockl 9h49'58"

GAUBERT Gilles



1988
1er CORDIER Yves 10h17'36"



1987
1er CORDIER Yves 10h19'16"



1986
1er ASCHNONEIT Dirk